Le niveau à bulle, biotechnologie, nativement intégrée #3
- Marilyn

- 5 févr. 2023
- 1 min de lecture
Quand on écrit,
l’intention est première.
On sait ce que l’on veut dire,
À qui.
Les mots surgissent
Parfois on cherche la formule juste.
On marque un arrêt
et on la laisse venir.
Traduire,
c’est autre chose.
L’intention
est celle d’un autre.
C’est
comment il le dirait lui
que l’on cherche.
C’est là
où il est primordial
que tout traducteur
soit livré
équipé d’un niveau à bulle
intégré.
Comme d’autres ont l’oreille absolue,
son organe,
qui se situe
le plus souvent
dans le bas ventre,
lui indique
si ça sonne juste -
ou pas
Car ce sont les mots d’un autre.
Il suffit de se regarder
faire semblant.
Sauf à être un excellent menteur,
ça peut vite gripper.
Certains se tortilleront
d’une jambe sur l’autre.
D’autres forceront le trait,
excessivement.
D’autres encore rougiront,
mal à l’aise dans le costume.
Le doute, l’hésitation,
le tâtonnement
ne peuvent se ressentir
en traduction.
C’est juste.
Ou la magie n’opère pas.
Comme un sextant
le voilier,
chaque traducteur
doit pouvoir se jeter à l’eau,
sûr que son
niveau à bulle intégré
saura le guider -
entre deux respirations.






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