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Traduire, c'est écrire #1

  • Photo du rédacteur: Marilyn
    Marilyn
  • 7 févr. 2023
  • 1 min de lecture

Si je traduis plusieurs heures par jour

Inévitablement,

j’écris tout autant.


Un jour, un contact m’a dit :

« Si ce n’est pas possible,

(sous-entendu, dans le délai imparti)

On verra avec un autre opérateur ».


J’ai quelque peu bloqué.

Non sur la possibilité

de solliciter un autre prestataire,

mais sur ce mot, opérateur.

J’ai mis un moment à comprendre pourquoi.


Un opérateur, de saisie notamment,

n’apporte pas de valeur ajoutée.

On lui demande de taper,

vite,

consciencieusement,

à l’identique.


Un traducteur, lui, doit y mettre de sa personne.

J’entends par là qu’une opération

Se produit par lui.


Une traduction

N’est ni une copie,

Ni une photocopie.

La magie peut ne pas s’opérer

sans âme.


Et c’est tout aussi vrai pour un manuel d’utilisation,

un guide de maintenance,

des clauses juridiques.


Chaque fois,

il y a une intention.

Quelqu’un, quelque part

a écrit ce premier texte

avec une ferme intention.

Celle de véhiculer un message,

jugé suffisamment important pour être

publié et diffusé.


Qui est-il ?

À qui s’adresse-t-il ?

En quel nom s’exprime-t-il ?

Quelle est son intention ?


Ce sont des questions

qu’un opérateur de saisie

n’a pas besoin de se poser

pour bien faire son travail.


C’est là,

toute la différence d’approche.


Non,

le traducteur n’est pas un opérateur de traduction.

Il transmute, il alchimise,

espérant produire

ce même texte que l’auteur original

aurait produit, eut-il été baigné

culturellement

dès son enfance

dans la langue.

 
 
 

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